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30 mars 2026
L’Association des infirmiers et infirmières en réduction des méfaits dénonce la décision de l’Alberta de mettre fin aux sites de consommation supervisée
L’Association des infirmiers et infirmières en réduction des méfaits condamne la décision du gouvernement de l’Alberta de fermer les services de consommation supervisée offerts à Calgary et à Lethbridge d’ici le 30 juin 2026.
Cette décision entraînera une perte de vies humaines.
L’Alberta demeure confrontée à une crise dévastatrice de drogues toxiques, où environ cinq personnes meurent chaque jour d’empoisonnements évitables. Ces décès ne sont pas inévitables : ils sont le résultat d’un approvisionnement en drogues empoisonnées et de décisions politiques qui bloquent l’accès à des soins éprouvés qui sauvent des vies.
Les services de consommation supervisée ne sont pas des programmes facultatifs ou accessoires. Ce sont des soins de santé essentiels. À travers l’Alberta, ces sites ont accueilli des centaines de milliers de visites et permis de traiter des dizaines de milliers de surdoses, dont beaucoup auraient probablement été fatales s’ils n’avaient pas été disponibles.
Les infirmières et infirmiers voient la différence que font ces services au quotidien. Chaque fois, nous inversons des surdoses, traitons des infections et établissons des liens qui permettent de mettre les gens en contact avec les soins. Nous constatons également ce qui arrive lorsque ces services sont supprimés : les gens consomment seuls, les surdoses passent inaperçues et le nombre de décès augmente.
Le gouvernement a présenté ces fermetures comme un changement de cap en faveur du traitement et de la guérison. Il s’agit d’une fausse dichotomie. La réduction des méfaits et le traitement ne sont pas des approches concurrentes, mais bien des stratégies interdépendantes. Les personnes ne peuvent accéder aux services de traitement de la dépendance si elles ne sont plus en vie.
Nous nous inquiétons également de l’utilisation abusive de travaux de recherche limités et peu concluants pour justifier ces décisions. Une analyse récente du Centre canadien d’excellence en rétablissement (CoRE) a été réalisée auprès d’un petit groupe d’individus sur une courte période et n’a pas évalué les résultats au niveau de la communauté ou du système. Ces limites sont d’ailleurs soulignées dans l’étude elle-même. Cette analyse ne fournit pas de justification crédible pour le démantèlement de services qui sont soutenus par des décennies de données probantes examinées par des pairs.
La fermeture des services de consommation supervisée ne résoudra en rien les enjeux liés à l’itinérance, à la pauvreté ou aux besoins non satisfaits en matière de santé mentale. Elle ne fera que les aggraver en déplaçant les dangers dans les espaces publics, en augmentant la pression sur les services d’urgence et en exacerbant les inégalités entre les communautés.
Appels à l’action
L’Association des infirmiers et infirmières en réduction des méfaits demande au gouvernement de l’Alberta de :
- Annuler immédiatement la fermeture des services de consommation supervisée à Calgary et à Lethbridge;
- Maintenir et élargir l’accès à la naloxone et au matériel de réduction des méfaits dans toutes les communautés;
- Veiller à ce que toutes les décisions concernant les politiques en matière de drogues soient fondées sur un ensemble complet de données de santé publique évaluées par les pairs;
- Reconnaître publiquement les limites méthodologiques importantes de l’étude du Centre canadien d’excellence en rétablissement (CoRE) et cesser immédiatement de l’utiliser pour justifier des décisions politiques relatives aux services de consommation supervisée;
- Entamer un dialogue véritable avec les personnes utilisatrices de drogues, les personnes travaillant en réduction des méfaits, les infirmier·ères et les communautés concernées;
- Investir dans un continuum de soins complet comprenant des services de réduction des méfaits, de traitement, de santé mentale et d’aide au logement.
En tant qu’infirmières et infirmiers, nous n’accepterons pas de politiques qui entraînent une augmentation des décès évitables. Ces services sauvent des vies chaque jour. Ils doivent rester ouverts.
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Pour plus de renseignements, veuillez contacter :
Corey Ranger, président de l’AIIRM, hrna.aiirm@gmail.com
Signez la lettre ouverte en faveur des services de consommation supervisée en Alberta (en anglais) : https://shorturl.at/eGz0X