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17 mars 2026
Les infirmières et infirmiers en réduction des méfaits dénoncent la décision de l’Ontario de mettre fin aux sites de consommation supervisée
La décision annoncée le vendredi 13 mars par le gouvernement de l’Ontario de mettre fin au financement provincial des services de consommation et de traitement (CTS), également connus sous le nom de sites de consommation supervisée, est désastreuse et inconcevable. Il ne s’agit pas d’un changement de cap de la part de l’administration Ford, mais d’une nouvelle attaque qui s’inscrit dans le cadre de sa campagne continue contre la réduction des méfaits depuis 2018. Cette décision n’est pas fondée sur des données probantes, et elle ne propose pas de vraie solution. Elle ne fait qu’alimenter la panique morale et favoriser la désinformation sur la dépendance et les personnes utilisatrices de drogues.
L’Association des infirmiers et infirmières en réduction des méfaits dénonce vivement cette décision. Nous restons solidaires des personnes qui consomment des drogues, des intervenant·es en réduction des méfaits, des pair·es, des infirmier·ères et des communautés qui refusent d’accepter des politiques qui entraîneront des décès évitables.
En 2025, la province a connu une moyenne de cinq décès par jour dus à la toxicité des opioïdes. Chaque jour, des familles sont brisées. Chaque jour, des communautés sont forcées de pleurer des morts qui n’auraient pas dû se produire. Ces décès ne sont pas inévitables : ils sont le résultat d’un approvisionnement en drogues empoisonnées et de décisions politiques qui ne tiennent pas compte de la réalité.
Les infirmières et infirmiers sont en première ligne de cette crise. Chaque jour, nous travaillons aux côtés des gens pour prévenir et traiter les infections, inverser les surdoses et établir des relations fondées sur la dignité et la confiance. Les sites de consommation supervisée ne sont pas facultatifs. Ce sont des espaces de soins, de rapprochement et de résistance qui sauvent des vies. Leur fermeture en juin 2026 entraînera la perte de vies humaines.
En tant qu’infirmières et infirmiers, nous refusons de nous taire. Nous exhortons le gouvernement de l’Ontario à respecter son obligation de protéger l’ensemble des Ontarien·nes et à annuler cette décision sans tarder.
Le gouvernement prétend se concentrer sur « le traitement, le rétablissement et des collectivités plus sûres », mais cette décision va à l’encontre de cette affirmation. Elle contribue à marginaliser davantage les personnes utilisatrices de drogues en leur refusant l’accès à des services et à des communautés dont elles ont parfaitement le droit de faire partie. Elle donne priorité à la punition plutôt qu’aux soins, au maintien de l’ordre plutôt qu’à la santé publique, et à l’idéologie plutôt qu’aux preuves. Il s’agit d’un démantèlement délibéré des systèmes publics motivé par la stigmatisation et alimenté par la désinformation. À travers cette approche nécropolitique, le gouvernement de l’Ontario détermine qui a le droit de vivre et qui devra mourir.
Nous rejetons cette façon de faire.
Nous choisissons la communauté. Nous choisissons les décisions fondées sur des données probantes. Nous choisissons la vie.
Dans les jours et les semaines à venir, nous nous mobiliserons. Nous communiquerons avec nos membres en Ontario et à travers le pays pour monter une riposte et passer à l’action. Nous soutiendrons les personnes et les groupes en première ligne et nous ne ménagerons aucun effort pour maintenir nos communautés en vie.
Nous n’abandonnerons jamais.
Pour plus de renseignements, veuillez contacter :
Corey Ranger, président de l’AIIRM, hrna.aiirm@gmail.com